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Juste assez !

  • Photo du rédacteur: Abigail
    Abigail
  • 23 nov. 2024
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 déc. 2024

J’ai souvent trouvé que les aéroports détenaient un je ne sais quoi d’inspirant qui proposait une suite de belles histoires. Assise sur un banc, j’aime à regarder les gens défiler devant moi et je me permets d’inventer leurs prochaines excursions ou leurs voyages.  


Je venais d’être témoin d’une scène particulièrement touchante dans laquelle cet homme serrait fort sa fille qui attendait pour passer la sécurité. À la dernière minute, je l’ai entendu s’écrier : je t’en souhaite juste assez ! Il demeurait seul et j’ai aperçu une larme couler sur sa joue.  


Contre toute attente, il est venu s’assoir près de moi. Ma fille repart à Paris m’avait-il livré. Je ressentais son envie de parler, de se confier. 


·        Irez-vous la visiter prochainement ? 

·        Je ne crois pas… son ton ainsi que son regard devint évasif… 

·        Je vous ai entendu lui dire, je t’en souhaite juste assez, ça l’a piqué ma curiosité ! 


Soudainement, du pétillant émanait de son regard, il a pris une longue respiration, comme s'il cherchait les mots parfaits pour me l'expliquer,  lentement, il a débuté : 


·        Dans notre famille, on exprime à ceux qu’on aime ; je t’en souhaite juste assez ! Je te souhaite que sa vie soit remplie avec juste assez de bonnes choses pour pouvoir les apprécier. Je te souhaite juste assez d’expériences bonnes ou mauvaises, pour garder une attitude brillante. Je te souhaite juste assez de bonheur pour garder l’esprit vivant. Je te souhaite juste assez de douleur afin que les petites joies paraissent plus grandes. Je te souhaite juste assez d’argent pour satisfaire tes besoins et ainsi apprécier les surplus. Je te souhaite juste assez de perte pour apprécier ce que tu as.  


Il a déposé sa main sur la mienne et il a poursuivi avec une voix triste : 


·      Je souhaite juste assez de allô pour ne pas avoir trop de derniers au revoir ! 

·       C’est très beau, lui ai-je répondu ! 



Il m’a confié que c’était probablement la dernière fois qu’il voyait sa fille, car il était souffrant.  


·  Peut-être qu’en haut, on vous a condamné, mais qu’en bas, le personnel soignant tentera tout pour vous guérir… 




C’est possible, souffla-t-il ! Quelques minutes plus tard, il quittait peut-être ma vue, mais sûrement pas mon cœur. Cet instant, voire cette leçon improvisée, allait demeurer gravé dans ma banque de souvenirs.  


On anticipe une existence parfaite avec tout ce que cela comporte. S'il n’existait pas de périodes pénibles dans la vie, on ne pourrait apprécier les bons instants.


À mon tour, je vais vous en souhaiter « juste assez » ! 



 
 
 

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