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Coimbra: la ville où même les pierres ont des histoires


Chaque journée est une page blanche. Je pars avec ma playlist, ma bouteille d'eau, mon sac léger, et je me laisse charmer par tout ce que le Portugal met sur mon chemin. Je ne savais pas que ce pays allait me plaire autant honnêtement.


À Coimbra, même l’université est une attraction touristique. Oui, oui, on paie pour visiter l'endroit... mais ça vaut la dépense! Il y a la bibliothèque Joanina, tellement somptueuse que tu te demandes si tu dois chuchoter ou t’incliner.


Ensuite, il y avait le palais des écoles , où les doctorants défendent encore leur thèse dans une salle qui ressemble à un tribunal royal. (Imagine : tu présentes ton mémoire sous les yeux de portraits de rois qui ont l’air de juger ton orthographe ou ton t-shirt de Star Wars, n'est-ce pas Steve?). Ensuite, il y a une chapelle, celle de São Miguel, recouverte d’azulejos, avec un orgue qui pourrait réveiller un saint. Ensuite, il y a la tour qui offre une vue à couper le souffle, littéralement, parce que les marches te rappellent que tu n’as pas fait assez de cardio.



En descendant vers Baixa, on venait tout juste de célébrer Sainte Reine Isabelle. Les Portugais ont des histoires pour tout et elles sont toujours délicieusement dramatiques.

On raconte que la reine Isabelle portait des pains pour les pauvres. Le roi Denis, suspicieux (comme tous les maris qui voient leur femme sortir avec un panier), lui demande : « Que caches-tu? » Elle répond : « Des roses. »



Et là, pouf, miracle : les pains se transforment en roses. Pas un petit miracle discret, non, un miracle en direct. Trois siècles plus tard, elle devient sainte. Comme quoi, faire des bonnes oeuvres peut vraiment payer… mais parfois avec un délai.


Et puis il y a Pedro et Inês, l’histoire d’amour la plus dramatique du Portugal. Roméo et Juliette peuvent aller se rhabiller. Pedro tombe amoureux d’Inês, dame de compagnie de son épouse. Amour immédiat, mais Pedro est un gentleman : il attend que sa femme décède avant de faire quoi que ce soit. Déjà, on sent le gars organisé.


Ils vivent dix années de bonheur, quatre enfants, tout va bien… Jusqu’à ce que le père de Pedro, le roi Afonso IV, décide de faire assassiner Inês pour des raisons politiques. Oui, c’est intense. Oui, c’est tragique. Oui, c’est portugais.


Pedro devient roi, se venge, et déclare qu’il avait épousé Inês en secret. Il la proclame reine posthume. On organise un mariage royal avec son corps. Les nobles doivent baiser sa main. Bizarre, n'est-ce pas? Aujourd’hui, leurs tombeaux sont placés face à face pour qu’ils puissent « s’envoler ensemble au paradis ». Même morts, ils ont une meilleure relation que certains couples vivants.


Coimbra, c’est une ville qui raconte ses histoires comme une grand-mère adorable : avec des détails, des miracles, des drames, des rois, des roses, des bibliothèques qui brillent et des légendes qui n’en finissent plus.


Je suis repartie avec des images plein la tête, des histoires plein le cœur, et cette sensation que le Portugal continue de me séduire un peu comme un pays qui sait exactement comment me parler.

 
 
 

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