Les Borucas
- Abigail

- 6 juin 2025
- 2 min de lecture

J’avais hâte de revenir au sud du Costa Rica et de prendre le temps de voir ce que j’avais négligé dans le passé. J’avais omis de me laisser imprégner par les traditions autochtones ancestrales et je comptais les découvrir cette fois-ci.
J’ai pris la route vers le sud pour aller repérer un peuple fascinant qui est là depuis l’arrivée des envahisseurs espagnols au XVIe siècle. Comme un peu partout, l’histoire de ses habitants a été marquée par la persécution, le déni des croyances traditionnelles et l’éradication systématique de leurs coutumes et de leurs langues anciennes.

Le trajet pour se rendre était éblouissant. Je traversais la péninsule d’Osa avec des eaux cristallines riches en biodiversité pour bifurquer vers les terres et aussi un chemin très escarpé. Dieu merci, le VUS loué m’a été d’une immense aide pour arriver au village disséminé au cœur d’une végétation tropicale !
L’espace d’un moment, je me suis sentie comme une conquérante de l’histoire qui allait trouver des bouts de conversation. Mon enthousiasme atteignait son apogée en voyant cet écriteau défraichi annonçant le village dans 8 km. J’entrais sur le territoire des Borucas dans une vallée luxuriante bordée par la grande rivière (Rio Grande). J’étais entourée par des balsas, un bois mou avec lesquels ils fabriquent l’artisanat.
J’anticipais de belles rencontres et en connaître davantage sur eux. Les légendes de cette tribu sont imprégnées d’une spiritualité qui honore l’humain et la nature. Bien qu’ils aient été convertis au catholicisme, ils ont gardé la foi en un dieu nommé Sibu.
Ce peuple d’environ 2560 est divisé sur deux territoires, j’allais à la rencontre que d’une infime partie de cette population.

De nombreux touristes achètent leurs masques de balsa, sans connaître que derrière chacun d’eux se cache un savoir-faire transmis de génération en génération. Afin de les rendre plus attrayants aux visiteurs, ils sculptent des formes d’animaux et végétaux complexes qui effraient moins que les masques traditionnels représentés par des têtes de diables qui devaient faire peur aux envahisseurs espagnols et les repousser !
Ce n’est qu’en 1993 que la tribu a obtenu des droits fondamentaux sur leurs terres ancestrales. La langue la boruca a peu à peu disparu, bien qu’elle soit enseignée à l’école, la communication de tous les jours se fait en espagnol.
Le peuple n’a pas été totalement vaincu et qu’il perdure dans le temps… Un peu comme le Phoenix, il a renaît de ses cendres après l’arrivée des conquistadors qui avait mené à la ségrégation et à la quasi-exaction de la nation.
J’étais privilégiée d’avoir un accès direct à ces artisans qui produisent des œuvres fabuleuses. À tous ceux qui viendront au Costa Rica et qui copieront les millions de touristes, vous connaîtrez l’histoire en arrière de vos achats !
C’était une autre belle journée! La pura vida !



Il y a des masques qui sont permanents.